Recrutement conducteur de bus : les initiatives du secteur du TRV
Publié le 9 juillet 2026
Face à une pénurie qui s'atténue mais reste une préoccupation, le transport routier de voyageurs multiplie les initiatives pour attirer et fidéliser ses conducteurs. Le recrutement conducteur de bus se joue désormais sur plusieurs leviers : organisation du travail, digitalisation, partenariats de formation et communication.
- Selon un sondage mené auprès des entreprises du secteur, 70 % constatent une amélioration de la situation.
- Deux attentes ressortent : plus de souplesse dans l'organisation et de meilleures conditions de travail.
- La digitalisation s'impose : neuf entretiens sur dix concernent des conducteurs.
- Partenariats de formation, mixité et communication modernisée élargissent le vivier de candidats.
Face à une pénurie de conducteurs qui s'atténue mais reste une préoccupation majeure, le secteur du transport routier de voyageurs multiplie les initiatives pour attirer et fidéliser ses talents. Digitalisation des recrutements, nouvelles formes d'organisation du travail, diversification des profils et partenariats avec des acteurs de la formation : autant de leviers qui permettent d'améliorer l'attractivité du métier.
Lors d'une table ronde organisée par la FNTV, plusieurs experts du secteur ont partagé leurs expériences et bonnes pratiques pour répondre aux défis du recrutement. Parmi eux, Jean-Marc Heyberger, administrateur du réseau Écoles de la Deuxième Chance, a insisté sur la nécessité d'adapter les parcours de formation aux jeunes les plus éloignés de l'emploi. Caroline Maitrot-Feugeas, fondatrice de Nomad Éducation, a mis en avant l'importance des réseaux sociaux et des outils digitaux pour mieux capter l'attention des nouvelles générations. Enfin, Lydie Jallier, DRH du groupe Keolis, a détaillé les stratégies mises en place par l'opérateur pour séduire et fidéliser ses talents, notamment à travers des contrats innovants et un travail approfondi sur la marque employeur.
Des stratégies innovantes émergent, allant de la refonte des conditions de travail à l'implication d'acteurs inattendus comme les associations sportives.
Une pénurie en recul mais encore préoccupante
Le transport de voyageurs connaît une accalmie relative sur le front du recrutement des conducteurs. Selon un sondage réalisé en direct lors de la conférence, 70 % des entreprises constatent une amélioration de la situation. Cependant, la question de l'attractivité des métiers reste centrale.
« Nous avons mené une grande étude sur l'attractivité des métiers de la conduite, et deux axes de travail se dégagent : la nécessité de plus de souplesse dans l'organisation du travail et l'amélioration des conditions de travail. »Lydie Jallier, DRH du groupe Keolis
Pour répondre à ces attentes, certaines entreprises expérimentent des contrats de 35 heures sur 4 jours, permettant aux salariés de bénéficier de 3 jours de repos hebdomadaires. D'autres mettent en place des temps d'échange et de convivialité, comme des petits-déjeuners et des rencontres informelles, afin d'améliorer la fidélisation des conducteurs. Pour Keolis, créer un climat serein est essentiel : cela permet aux salariés d'exprimer leurs besoins et de renforcer leur sentiment d'appartenance à l'entreprise.
L'amélioration des conditions de travail passe aussi par un choix plus réfléchi des équipements des véhicules. Il s'agit de mettre à disposition du matériel adapté, avec des options qui facilitent le quotidien des conducteurs et améliorent leur confort.
Digitalisation et nouvelles stratégies pour repenser le recrutement
La digitalisation s'impose comme un axe clé pour fluidifier le recrutement conducteur de bus. Quand neuf entretiens sur dix concernent les conducteurs, la priorité est de simplifier et d'accélérer les démarches. Les entreprises investissent dans des outils numériques pour réaliser les premiers entretiens à distance et mieux sélectionner les profils.
Certaines expérimentent également le recrutement sans CV, privilégiant l'échange direct pour évaluer la motivation et l'adéquation au poste.
« Nous devons inverser la relation : ce sont les candidats qui nous recrutent autant que nous les recrutons. »Lydie Jallier, DRH du groupe Keolis
En complément, des simulateurs de conduite embarqués dans des autocars sont déployés pour permettre aux candidats de se projeter dans le métier de manière ludique et immersive.
La mobilité géographique est aussi un enjeu majeur, notamment pour les candidats issus des quartiers prioritaires de la ville (QPV) ou des zones rurales.
« Certains jeunes sont cloisonnés au sein de leur quartier. Nous devons les accompagner pour qu'ils puissent envisager une carrière dans le transport, en tenant compte de leurs contraintes de déplacement. »Jean-Marc Heyberger, réseau Écoles de la Deuxième Chance
Recrutement conducteur de bus : des partenariats pour un recrutement durable
Pour élargir leur vivier de recrutement, les entreprises de transport renforcent leurs liens avec les acteurs de la formation. Keolis, par exemple, compte aujourd'hui 700 apprentis et 500 jeunes en centre de formation. L'accent est mis sur l'alternance et la montée en compétences, avec des parcours évolutifs.
La FNTV s'engage également dans cette dynamique, avec des partenariats comme celui signé avec les Écoles de la Deuxième Chance, qui accompagnent chaque année 18 000 jeunes en difficulté.
« Nous voulons inverser la logique du stage : ce n'est pas un jeune qui cherche une entreprise, mais une entreprise qui dit "j'ai besoin d'aide, trouvez-moi un jeune". »Jean-Marc Heyberger, réseau Écoles de la Deuxième Chance
Un levier souvent sous-estimé est l'influence des parents dans les choix de carrière des jeunes. Si un jeune annonce vouloir devenir conducteur d'autocar et que son entourage lui renvoie une image négative du métier, il a peu de chances de persévérer. Travailler l'image du secteur auprès des familles est donc essentiel pour favoriser l'orientation vers ces métiers.
Autre enjeu majeur : la féminisation du métier. Attirer davantage de femmes vers les postes de conduite et de maintenance est une priorité, avec des campagnes de sensibilisation menées dès le lycée. Comme le rappelle Lydie Jallier, se priver de 50 % du marché du travail serait une erreur.
Ces partenariats de formation se prolongent naturellement sur le terrain, au moment de la formation et de l'intégration des nouveaux conducteurs de bus sur leurs lignes, une étape décisive pour transformer un recrutement en fidélisation durable.
Réinventer la communication pour capter l'attention des jeunes
Pour attirer les jeunes générations, les entreprises doivent adapter leur communication aux nouveaux codes digitaux. Caroline Maitrot-Feugeas, fondatrice de Nomad Éducation, insiste sur l'importance d'utiliser les bons canaux.
« Notre application est leader sur TikTok et Instagram, car on parle aux jeunes avec leurs codes. On a fait des campagnes sur la philosophie via Netflix ou sur les figures de style via le rap. Il faut s'adapter à leur manière de consommer l'information. »Caroline Maitrot-Feugeas, fondatrice de Nomad Éducation
Les associations sportives sont également mobilisées comme levier d'insertion. Le sport véhicule des valeurs de rigueur, de discipline et de persévérance, essentielles dans les métiers du transport. Des partenariats sont développés avec des structures d'insertion par le sport pour repérer des jeunes en quête d'un projet professionnel et leur proposer une formation adaptée.
La FNTV et ses partenaires s'appuient sur ces leviers pour mieux faire connaître les opportunités du secteur. Des campagnes de sensibilisation sont menées dès le collège, en classe de 4ᵉ, pour inscrire l'image des métiers du transport dans l'esprit des jeunes à un âge où les choix d'orientation commencent à se dessiner.
En parallèle, les entreprises travaillent leur marque employeur en misant sur la transparence et la valorisation des parcours professionnels.
« Nous assumons ce que nous sommes : un métier de proximité, ancré dans la vie quotidienne de nos concitoyens. C'est ce que nous voulons mettre en avant. »Lydie Jallier, DRH du groupe Keolis
Un secteur en pleine mutation
Le transport routier de voyageurs est en pleine mutation sur le plan du recrutement. Grâce à la digitalisation, aux nouvelles organisations du travail et aux partenariats avec des acteurs de la formation, les entreprises redoublent d'efforts pour attirer et fidéliser les talents. Le défi reste toutefois de taille : rendre visibles et attractifs des métiers encore trop méconnus du grand public.
Les initiatives présentées lors de cette conférence montrent que les solutions existent, et qu'elles sont en passe de transformer durablement l'image et les pratiques de recrutement du secteur. L'avenir de ces métiers passera sans doute par une communication plus moderne, des conditions de travail plus souples et une approche plus inclusive du recrutement.
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Demander une démoFAQ - Recrutement des conducteurs dans le transport de voyageurs
Pourquoi le recrutement conducteur de bus reste-t-il un enjeu majeur ?
La pénurie s'atténue, mais l'attractivité du métier reste centrale. Un sondage du secteur indiquait que 70 % des entreprises constatent une amélioration, sans que la question de fond, l'image et les conditions du métier, soit réglée.
Quelles nouvelles organisations du travail sont expérimentées ?
Certaines entreprises testent des contrats de 35 heures sur 4 jours, offrant 3 jours de repos hebdomadaires, ainsi que des temps de convivialité pour renforcer le sentiment d'appartenance et la fidélisation des conducteurs.
Comment la digitalisation transforme-t-elle le recrutement ?
Neuf entretiens sur dix concernent des conducteurs : les entreprises simplifient et accélèrent le processus avec des entretiens à distance, du recrutement sans CV et des simulateurs de conduite embarqués pour aider les candidats à se projeter.
Quels partenariats aident à élargir le vivier de candidats ?
Les opérateurs renforcent leurs liens avec les acteurs de la formation (alternance, centres de formation) et des structures comme les Écoles de la Deuxième Chance, qui accompagnent chaque année 18 000 jeunes en difficulté.
Comment attirer plus de jeunes et de femmes vers le métier ?
Par une communication adaptée aux réseaux sociaux, des partenariats d'insertion (dont le sport), des campagnes dès le collège et le lycée, un travail d'image auprès des familles et une priorité donnée à la féminisation des postes.


